Les Médailles du CNRS à Paris-Saclay en 2021

Distinction

Ils font briller le cluster scientifique de Paris-Saclay en 2021

Chaque année, le CNRS récompense les femmes et les hommes qui ont contribué de manière exceptionnelle au dynamisme de l’Institution et à l’avancée de la recherche française.

Le CNRS décernera, en 2021, la médaille d’argent, la médaille de bronze et la médaille de cristal à dix chercheur.es et personnels d’appui à la recherche issus de la communauté scientifique de Paris-Saclay, pour avoir fait progresser la connaissance et être utiles à la société tout entière.

Les lauréats de la médaille d'argent

La médaille d'argent distingue des chercheurs et des chercheuses pour l'originalité, la qualité et l'importance de leurs travaux, reconnus sur le plan national et international.

Antoine BROWAEYS, directeur de recherche CNRS - Laboratoire Charles Fabry (LCF* - CNRS/Institut d'Optique Graduate School)

Ses travaux de recherche portent sur la compréhension du comportement quantique d’atomes en interaction. Aujourd’hui, il est impossible de caractériser le comportement d’un grand nombre de particules en interaction. Pour y faire face, Antoine Browaeys utilise plusieurs techniques consistant à assembler atome par atome des systèmes à N-corps synthétiques. Il s’agit d’une simulation quantique destinée à étudier les effets induits par les interactions des atomes à l’échelle macroscopique. Actuellement, il se concentre sur l’étude des propriétés magnétiques de plusieurs centaines d’atomes en interaction et sur l’analyse de diffusion de la lumière laser par un nuage d’atomes. L’enjeu de ses recherches est justifié par la compréhension des problématiques de la physique fondamentale et rendu possible grâce aux machines à disposition aujourd’hui, telles que les simulateurs quantiques, qui permettent une analyse plus poussée de ces questions. Ces simulateurs sont utiles pour la résolution de problème d’optimisation combinatoire tels que rencontrés dans l’industrie. A long terme, ce contrôle ultime sur un ensemble d’atomes permettra peut-être de développer un véritable ordinateur quantique.

*Laboratoire Charles Fabry (LCF) : www.lcf.institutoptique.fr

Antoine Browaeys © Laurent Ardhuin pour le CNRS

Cathy CLERBAUX, directrice de recherche CNRS - Laboratoire atmosphères et observations spatiales (LATMOS* - CNRS/Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines/Sorbonne Université)

Spécialiste du sondage atmosphérique par spectroscopie infrarouge, Cathy Clerbaux a apporté sa contribution à la conception d’instruments de télédétection destinés à surveiller la composition de l’atmosphère par satellite. Elle a développé des algorithmes de traitement capables de dériver des concentrations de gaz à partir de spectres atmosphériques. Cathy Clerbaux a joué un rôle important dans l’émergence de la filière IASI conçue par le CNES, une mission embarquée sur la série des satellites météorologiques Metop, lancée par Eumetsat. Son équipe a pu prouver la capacité des sondeurs infrarouges à surveiller l’évolution des conditions atmosphériques (pics de pollution, agriculture intensive, cendres volcaniques, trou dans la couche d’ozone …). Elle travaille aussi sur le projet IASI-FT, un projet ERC ayant pour objectif d’établir des climatologies à haute résolution spatiale pour étudier les flux radiatifs en sortie de l’atmosphère et les températures à différentes altitudes, à partir des données de IASI (2006-2025) et de son successeur IASI-NG (2023-2045).

*Laboratoire atmosphères et observations spatiales (LATMOS) : www.latmos.ipsl.fr

Cathy Clerbaux © Cici Olsson

Les lauréats de la médaille de bronze

La médaille de bronze récompense les premiers travaux consacrant des chercheurs et des chercheuses spécialistes de leur domaine. Cette distinction représente un encouragement du CNRS à poursuivre des recherches bien engagées et déjà fécondes.

Béatrice CHERRIER, chargée de recherche CNRS - Centre de recherche en économie et statistique (CREST* - CNRS/École polytechnique/Genes)

Béatrice Cherrier est chargée de recherche en histoire de l’économie et enseignante à l’Ecole Polytechnique. Elle est spécialiste de l’histoire de l’économie contemporaine, et s’intéresse aux spécificités des modèles économiques produits depuis la Seconde Guerre mondiale afin de comprendre comment ceux-ci ont été influencés par le contexte intellectuel, historique et politique. Aujourd’hui ses activités s’articulent autour de l’étude du développement de modèles économiques visant à guider les politiques des Banques Centrales. Elle s’intéresse par ailleurs au faible crédit attribué aux femmes économistes pour leurs travaux, et à l’influence du mouvement féministe des années 1970 sur leur revendications d’égalité de traitement avec leurs collègues masculins. Enfin, elle étudie la manière dont l’espace a été peu à peu intégré dans les modèles économiques, en particulier pour étudier les villes. L’objet de ses travaux permet d’appréhender la pertinence mais aussi les limites des approches des économistes, pour enrichir le débat public sur les politiques économiques mises en place dans nos sociétés.

*Centre de recherche en économie et statistique (CREST) : crest.science

Béatrice Cherrier © Laurent Ardhuin pour le CNRS

Eleonora DI NEZZA, maître de conférences Ecole Polytechnique - Centre de mathématiques Laurent Schwartz (CMLS* - CNRS/École polytechnique)

Eléonora Di Nezza est enseignante-chercheuse en mathématiques spécialisée en géométrie complexe et différentielle. Ses travaux portent sur la géométrie Kählerienne et en particulier sur l’existence des métriques spéciales sur des variétés Kähleriennes compactes. L’objectif de ses recherches est de développer une théorie afin de caractériser les comportements métriques des variétés singulières, l’enjeu étant de pouvoir classifier les variétés Kähleriennes.

*Centre de mathématiques Laurent Schwartz (CMLS) : portail.polytechnique.edu/cmls/fr

Eleonora Di Nezza © Laurent Ardhuin pour le CNRS

Wadih GHATTAS, chargé de recherche CNRS - Institut de chimie moléculaire et des matériaux d'Orsay (ICMMO* - CNRS/Université Paris-Saclay)

Chargé de recherche dans le domaine de l’interface chimie-biologie, Wadih Ghattas est spécialisé dans la recherche sur les enzymes artificielles. A ce titre, il est en charge de la conception puis de la préparation de ces enzymes artificielles qui possèdent des propriétés catalytiques, baptisées « bio-orthogonales ». Il s’agit d’enzymes artificielles capables de catalyser des réactions chimiques sans interagir avec les réactions enzymatiques naturelles du milieu biologique. Aujourd’hui, son activité constitue un enjeu fondamental, la création d’enzymes artificielles pouvant à terme être utilisées en thérapie et diagnostique par imagerie.

*Institut de chimie moléculaire et des matériaux d'Orsay (ICMMO) : www.icmmo.u-psud.fr

Wadih Ghattas© Laurent Ardhuin pour le CNRS

Marie-Aline MARTIN-DRUMEL, chargée de recherche CNRS - Institut des sciences moléculaires d'Orsay (ISMO* - CNRS/Université Paris-Saclay)

Chercheuse en physique moléculaire, Marie-Aline Martin s’intéresse à la structure des molécules isolées en phase gazeuse en étudiant leur interaction avec la lumière. Elle utilise pour cela la spectroscopie moléculaire à haute résolution. Actuellement, ses travaux sont orientés sur l’identification de molécules réactives sur Terre, produites par décharge électrique. L’objectif est la découverte de nouvelles espèces moléculaires dans l’espace, mais aussi de mieux appréhender la structure des molécules et de leurs interactions. Elle développe dans ce but un nouveau spectromètre à partir d’une technique de pointe baptisée « chirped-pulse ». L’enjeu principal est d’améliorer la sensibilité des instruments pour identifier des molécules très réactives sur Terre.

*Institut des sciences moléculaires d'Orsay (ISMO) : www.ismo.universite-paris-saclay.fr

Marie-Aline Martin-Drumel © Laurent Ardhuin pour le CNRS

Freek MASSEE, chargé de recherche CNRS - Laboratoire de physique des solides (LPS* - CNRS/ Université Paris-Saclay)

Le domaine de recherche de Freek Massee, chargé de recherche CNRS, porte sur la physique de la matière condensée. Il s’est spécialisé plus précisément dans la physique des électrons corrélés, se rapportant à la supraconductivité à haute et basse température. Ses travaux de recherche actuels portent sur l’étude du bruit de courant à l’échelle atomique des systèmes d’électrons corrélés grâce à un microscope à tunnel à balayage. Ses recherches ont pour but dans un premier temps de mieux appréhender les interactions qui déterminent les nouvelles phases de la matière et dans un second temps de les exploiter pour de nouvelles applications.

*Laboratoire de physique des solides (LPS) : www.lps.u-psud.fr

Freek Massee © Laurent Ardhuin pour le CNRS

Sylvia MATZEN, maître de conférences Université Paris-Saclay - Centre de nanosciences et de nanotechnologies (C2N* - CNRS/Université Paris-Saclay)

Sylvia Matzen est enseignante-chercheuse en physique spécialisée en sciences des matériaux. Son domaine d’activité repose sur l’intégration de films minces épitaxiés composés d’oxydes fonctionnels dans des micro-dispositifs, en vue d’applications dans les domaines de la microélectronique ou encore en photonique intégrée. Elle s’intéresse aujourd’hui aux oxydes aux propriétés optiques non-linéaires mais aussi piézoélectriques et ferroélectriques. Pour cela, elle étudie la structure et les propriétés du matériau afin de comprendre leur influence sur la propagation optique, le transport de charges et la génération de déformation sous éclairement. Les recherches actuellement menées trouvent leur application dans le domaine de l’ingénierie des matériaux ferroélectriques dans le but de développer de nouvelles utilisations en électronique.

*Centre de nanosciences et de nanotechnologies (C2N) : www.c2n.universite-paris-saclay.fr

Sylvia Matzen © Laurent Ardhuin pour le CNRS

Les lauréats de la médaille de cristal

La médaille d'argent distingue des femmes et des hommes, personnels d’appui à la recherche, qui par leur créativité, leur maîtrise technique et leur sens de l’innovation, contribuent à l’avancée des savoirs et à l’excellence de la recherche française.

Daniel BERVEILLER, directeur technique de la station de recherche de la forêt de Barbeau - Écologie, systématique et évolution (ESE* - CNRS/AgroParisTech /Université Paris-Saclay)

Daniel Berveiller est expert en développement d’expérimentation sur les écosystèmes forestiers. Son domaine d’étude repose sur l’étude de l’interaction entre l’écosystème forestier et son environnement, dans le contexte des changements climatiques. Il dirige actuellement une équipe dans une station de recherche forestière dont l’objectif est de caractériser les échanges de carbone et d’eau entre la forêt et l’atmosphère puis de les relier au fonctionnement de l’écosystème. Les travaux menés ont pour but de mieux appréhender le cycle du carbone sur les modèles continentaux et d’aider les prises de décisions politiques sur les réductions des émissions.

*Laboratoire Écologie, systématique et évolution (ESE) : www.ese.universite-paris-saclay.fr

Daniel Berveiller © Laurent Ardhuin pour le CNRS

Véronique PUILL, experte en développement d’expérimentation - Laboratoire de physique des 2 infinis - Irène Joliot-Curie (IJCLab - CNRS/Université Paris-Saclay)

Véronique Puill est ingénieure instrumentaliste. Elle est mobilisée sur des conduites de projet qu’elle a porté depuis près de 15 ans sur des expériences de physique des hautes énergies à portées internationales, parmi lesquelles figurent le CpFM (Cherenkov Proton Flux Measurement) pour l’expérience UA9 au CERN et le luminomètre PLUME (Probe for Luminosity MEasurement) qui a pour objet de déterminer précisément la luminosité pour l’expérience LHCb au CERN à Genève. En parallèle, elle enseigne et encadre également des étudiants.

*Laboratoire de physique des 2 infinis - Irène Joliot-Curie (IJCLab) : www.ijclab.in2p3.fr

Véronique Puill © Laurent Ardhuin pour le CNRS