L’âne a transformé l’histoire de l’humanité, aussi bien en fournissant sa force pour le travail agricole, que pour le transport dans des zones parfois difficiles. Pour comprendre l’histoire de leur domestication, les équipes du Centre d’anthropobiologie et de génomique de Toulouse (CNRS/Université Toulouse 3 Paul Sabatier), ainsi que des scientifiquesLes laboratoires français ayant contribué à cette étude sont : le Centre d’Anthropobiologie et de Génomique de Toulouse (CNRS/ Univ. Toulouse Paul Sabatier), Genoscope, Institut de biologie François Jacob (CNRS/CEA/Univ. D’Every-Val-d’Essonne), le laboratoire Archéorient (CNRS/Univ. Lumière Lyon 2), l’Institut de Paléontologie Humaine (CNRS/Museum d’histoire naturelle/Univ. De Perpignan via domitia), le laboratoire Archéologie des sociétés méditerranéennes (CNRS/Ministère de la culture/Univ. Paul Valery Montpellier). L’étude a bénéficié du soutien des plateformes GeT-PlaGe et Genoscope, toutes deux membres de l’infrastructure France Génomique (grands projets BUCÉPHALE et MARENGO), et de nombreux soutiens financiers, notamment de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR-10-INBS-09), du projet international de recherches AnimalFarm (IRP CNRS) et du projet PEGASUS du Conseil Européen de la Recherche. provenant de 37 laboratoires dans le monde, notamment l'Institut de biologie François Jacob avec le Génoscope (CNRS/CEA/Université d'Every-Val-d’Essonne) se sont mobilisés pour construire et analyser le panel de génomes le plus complet jamais étudié pour cet animal. Il contient les génomes de 207 ânes vivant aujourd’hui sur tous les continents, ainsi que ceux de 31 ânes anciens et de 15 équidés sauvages. Dans une publication parue le 9 septembre à la une de Science, les scientifiques ont révélé que l’âne aurait été domestiqué pour la première fois en Afrique, 5000 ans avant notre ère, à une période proche de laquelle le Sahara est devenu la zone désertique que nous connaissons aujourd’hui. Ce n’est qu’environ 2500 ans plus tard que l’animal a quitté son berceau Africain pour gagner l’Europe et l’Asie, et y développer des lignées qui ont, pour certaines, survécu jusqu’à aujourd’hui. Grâce à l’analyse de restes archéologiques, les chercheurs ont également pu mettre en lumière les traces d’une lignée génétique d’ânes jusqu’ici inconnue. Cette dernière vivait dans la région du Levant il y a 2000 ans. Son influence ne s’est cependant pas limitée à ce seul territoire, mais s’est étendue bien au-delà. Aujourd’hui encore, il est possible de retrouver des bribes de son patrimoine génétique à travers l’Europe de l’Est et l’Asie. Ces découvertes appellent à de nouvelles fouilles archéologiques pour retrouver le foyer initial de domestication en Afrique, ainsi qu’au séquençage d’autres génomes d’ânes anciens sur les deux rives de la Méditerranée afin de mieux saisir le rôle de cet animal dans l’histoire des échanges entre l’Europe et l’Afrique du Nord.