Huit prix de l'Académie des sciences 2026 remis à des scientifiques du CNRS à Paris-Saclay.

Chaque année, l'Académie des sciences remet près de quatre-vingt prix couvrant l'ensemble des domaines scientifiques, aussi bien fondamentaux qu'appliqués. La cérémonie de remise de prix s'est déroulée le 27 octobre 2026 au cœur du Palais de l’Institut de France. De nombreux lauréats sont des chercheurs et chercheuses CNRS ou rattachés à un laboratoire dont le CNRS est une tutelle. Pour cette édition 2026, huit prix ont été décernés à des scientifiques menant leurs recherches dans des laboratoires CNRS du cluster scientifique et technologique de Paris-Saclay. 

🔹 Françoise Lamnabhi-Lagarrigue, directrice de recherche émérite au CNRS, au Laboratoire des signaux et systèmes (L2S – CentraleSupélec/CNRS/Université Paris-Saclay/Inria, à Gif-sur-Yvette), pour la médaille de section des sciences mécaniques et informatiques.

Françoise Lamnabhi-Lagarrigue contribue de manière déterminante à l’analyse et au contrôle de systèmes complexes en réseau comportant des composantes non linéaires. Ses travaux récents portent sur la conception d’observateurs pouvant remplacer des capteurs peu fiables ou coûteux. Elle joue un rôle majeur dans le développement de la recherche et de l’enseignement de l’automatique, en Europe comme à l’international.

 

🔹 Martin Leguil, professeur Monge École polytechnique, au Centre de mathématiques Laurent Schwartz (CMLS – CNRS/École polytechnique, à Palaiseau), pour la Bourse Lounsberry. 

Martin Leguil travaille sur les systèmes dynamiques chaotiques, en particulier les systèmes hyperboliques. Ses recherches visent à comprendre le comportement du mouvement en temps long, en s’appuyant sur l’étude de structures géométriques et de mesures invariantes. Il étudie notamment la classification des systèmes par les données périodiques et les propriétés de certaines mesures invariantes décrivant le comportement statistique de la majorité des trajectoires.

Cette distinction est décernée de paire avec un chercheur américain, Davi Obata, Maître de conférences à l’Université Brigham-Young (BYU, États-Unis). 

Davi Obata étudie les systèmes dynamiques, en s’intéressant plus particulièrement à leurs propriétés statistiques. Ses recherches visent à comprendre le comportement à long terme des systèmes chaotiques et à étudier les mesures de probabilité qui permettent de caractériser le comportement statistique de la plupart des trajectoires.

 

🔹 L’équipe IASI du Laboratoire atmosphères et observations spatiales (Latmos – CNRS/Sorbonne Université/UVSQ/CNES, à Guyancourt). Composée de Cathy Clerbaux, directrice de recherche CNRS, Solène Turquety, maîtresse de conférences Sorbonne Université, Sarah Safieddine, chargée de recherche CNRS, Camille Viatte, ingénieur Sorbonne Université, Juliette Hadji-Lazaro, ingénieure de recherche CNRS, Anne Boynard, enseignante-chercheuse Sorbonne Université, et Maya George, ingénieure technicienne Sorbonne Université, pour le prix Ampère de l’Électricité de France. 

L'équipe étudie l'atmosphère terrestre à partir d'observations infrarouges réalisées par satellite. Elle exploite les spectres atmosphériques enregistrés par l'Interféromètre atmosphérique de sondage infrarouge (IASI) pour restituer les températures, au sol comme en altitude, et suivre l'évolution de la composition de l'atmosphère. Ses recherches permettent de mieux comprendre les processus atmosphériques et leur évolution dans le temps. Les observations IASI jouent un rôle essentiel dans le suivi du climat et de la qualité de l'air, mais aussi pour la détection et la surveillance d'événements exceptionnels tels que les éruptions volcaniques, les incendies ou les fuites de gaz.

 

🔹 Silke Biermann, professeure École polytechnique, au Centre de physique théorique (CPHT – CNRS/École polytechnique/Collège de France, à Palaiseau), pour le prix Cécile Dewitt-Morette. 

Physicienne théoricienne, vice-présidente du département de physique de l’École polytechnique, Silke Biermann est spécialiste de la physique de la matière condensée. Elle étudie notamment les matériaux dits « fortement corrélés », dans lesquels les interactions entre électrons donnent naissance à des états quantiques complexes et exotiques. Elle cherche à comprendre et à décrire, à partir des premiers principes, les propriétés remarquables de ces matériaux, en combinant approches analytiques et méthodes numériques. Ses travaux contribuent à mieux comprendre les phénomènes quantiques à l’œuvre dans les matériaux complexes et à ouvrir de nouvelles perspectives pour leur utilisation.

 

🔹 Geoffroy Couteau, directeur de recherche CNRS, à l’Institut de recherche en informatique fondamentale (Irif – CNRS/Université Paris Cité, à Paris) et Vicky Kalogeiton, professeure École polytechnique, au Laboratoire d’informatique de l’École polytechnique (LIX – CNRS/École polytechnique/Inria, à Palaiseau), pour le prix Lovelace-Babbage. 

Responsable de l’équipe « Algorithmes et Complexité » à l’Irif, Geoffroy Couteau s’intéresse à la cryptographie et à
l’étude des fondements mathématiques de la sécurité numérique. Ses travaux visent à renforcer la protection des données face aux algorithmes en concevant des protocoles avancés, permettant à plusieurs organisations de réaliser de façon conjointe des calculs complexes sur leurs données, tout en les gardant confidentielles. Ses recherches permettent de protéger efficacement les données privées des utilisateurs lorsqu'ils naviguent sur Internet, par exemple sur les sites web affichant de la publicité ciblée, sur les sites de streaming ou encore sur les réseaux sociaux.

Directrice de l’équipe « Visual Worlds: Temporal Analysis, Animation and Authoring » (Vista) au LIX, Vicky Kalogeiton étudie la manière de combiner images, vidéos, textes et sons pour créer des modèles d’intelligence artificielle capables de comprendre et générer des contenus visuels de façon plus efficace et contrôlable. Ses travaux cherchent à obtenir de meilleurs résultats avec moins de données, de calcul et d’échanges avec l’utilisateur, afin de rendre ces technologies plus accessibles. Elle est également lauréate d’une bourse ERC Starting Grant 2026 et de la médaille de bronze du CNRS 2026.

 

🔹 Adinda de Wit, chargée de recherche CNRS, au Laboratoire Leprince-Ringuet (LLR – CNRS/École polytechnique, à Palaiseau), pour le prix Jacques Herbrand. 

Adinda de Wit étudie les particules fondamentales qui composent la matière, en s’appuyant notamment sur les données de l’expérience CMS, dont elle est membre. Il s’agit de l’une des principales expériences du Grand collisionneur de hadrons (LHC), l’accélérateur de particules le plus puissant au monde, situé au Cern, à la frontière franco-suisse. Adinda de Wit s’intéresse plus particulièrement à l’étude du boson de Higgs, une particule élémentaire qui confère leur masse aux autres particules. Ses travaux contribuent ainsi à approfondir notre compréhension de la structure fondamentale de la matière et des lois qui régissent l’Univers.

 

🔹 Pauline Simon, maîtresse de conférences Sorbonne Université, au Laboratoire de physique des plasmas (LPP – CNRS/École polytechnique/Sorbonne Université/Observatoire de Paris PSL/Université Paris-Saclay, à Palaiseau), pour le prix Madeleine Lecoq. 

Pauline Simon étudie la turbulence dans les plasmas de l’héliosphère, c’est-à-dire dans l’environnement spatial dominé par le vent solaire. Elle a notamment proposé une description du taux de chauffage turbulent de ces plasmas, peu collisionels et magnétisés, prenant en compte l’anisotropie de pression. Ses recherches combinent approches théoriques et analyses de données issues de simulations numériques et d’observations satellites.

 

🔹 Daniel Suchet, maître de conférences École polytechnique, à l’Institut photovoltaïque d’Ile de France (IPVF – Chimie Paristech-PSL/CNRS/École polytechnique/IPVF, à Palaiseau), pour le prix Ivan Peychès. 

Daniel Suchet s'intéresse aux concepts à haut rendement pour la conversion de l'énergie solaire, notamment les cellules solaires à porteurs chauds. Il vise en particulier des stratégies de conversion robustes, capables de maintenir leurs performances dans des conditions non idéales. À l'interface entre thermodynamique et physique des semi-conducteurs, il étudie les dispositifs par photoluminescence, en analysant la lumière émise par ces objets sous illumination.