La biomasse aérienne de la végétation de la zone tropicale n’a plus d’impact positif sur le stockage du carbone
Des chercheurs de l’Inra, du CEA, du CNRS et du CNES sont parvenus à quantifier - au cours de la période 2010-2017 - l’évolution des stocks de carbone dans la biomasse végétale aérienne au niveau de la zone des tropiques (Amérique, Afrique, Asie). Résultat majeur et inédit : sur la période étudiée, les stocks de carbone de la biomasse aérienne produits dans les régions tropicales sont compensés par les pertes liées à la déforestation ou au dépérissement liés à l’impact du climat (notamment du fait d’épisodes El Niño). Ces régions tropicales, autrefois puits de carbone dans la biomasse aérienne, deviennent globalement neutres. Elles pourraient même devenir une source de carbone atmosphérique dans un proche avenir, accélérant ainsi le réchauffement global. Ces travaux sont publiés dans la revue Nature Plants le 29 juillet 2019.
Comment les stocks de carbone changent-ils dans la biomasse de la végétation à l’échelle de la planète ? Quels facteurs expliquent ces changements ? Ce sont des questions centrales pour les sciences du climat et pour l’application des accords internationaux pour le climat. Les chercheurs de l’Inra, du CEA, du CNRS et du CNES en collaboration avec l’Université de Copenhague et de Nanjing
Les travaux publiés aujourd’hui vont plus loin et analysent l’évolution observée des stocks de carbone dans la biomasse aérienne de la végétation de l’ensemble de la zone tropicale. L’étude met ainsi en avant la forte corrélation entre les variations de ces stocks et les variations de la concentration atmosphérique en CO2 de l’atmosphère, confirmant le rôle central de la biomasse végétale des écosystèmes tropicaux dans le cycle du carbone à l’échelle planétaire.